J’ai passé 8h chez Bubble Factory

Je savais ce dont ma fièvre acheteuse était capable de me faire acheter mais je ne savais pas à quel point elle était assez folle pour me trainer au BHV, un samedi  après-midi, comme ma mamie, il y a quelques année. Je ne savais pas de quoi j’avais besoin, mais il me le fallait impérativement, ni même pourquoi je traînais entre le rayon Cartier et Ray Ban. 
Pierre non plus d’ailleurs. J’avais la frange qui me génait, et lui une super paire de ciseaux et il dénotait entre les vendeuses qui avait vu leur sourire périr en 1962.
Pierre était donc coiffeur, enfin artiste coiffeur (Si ce terme n’existe pas, il est temps de me faire rentrer à l’Académie ! Morbleu !), il a réussi en trois coups de peigne à rendre mes cheveux plus vivant qu’après un masque à l’huile de ricin posé pendant deux nuits lors de la pleine lune.
Donc, l’huile de ricin, c’est au revoir et Pierre à revoir ! 
Et mon rendez-vous galant avec ce charmant coiffeur était jeudi dernier chez Bubble Factory (224, rue de Charenton, Paris XIIème) où il avait promit en secret à ma tête d’enfin retrouver leur brin de malice qui avait perdu de leur éclat en rentrant au BHV. 
Me voilà donc à 11h45 devant le salon, clope au bec, prête à affronter huit heures de torture ou de plaisir selon les goûts sur les poils que j’avais sur le cailloux. Je voulais la coupe à Jean Seberg et des cheveux gris bleus.
L’ambiance est extra, musique à font, dents éclatantes de santé et une belle odeur d’ammoniaque. Coupe à sec, première goutte de sueur coulant sur le front, premier café, première intervention des collègues choupignons, premier WAOUH ! premier AÏE ! car première décoloration. Et ça ce n’est que le début ! J’avais tout de même prévenue le coup, et ma très chère amie Juliette est venue me tenir compagnie lors de mon enquête, enfin de mon chouchoutage. Juliette est donc témoin du talent du salon, j’ai même dû un peu, pas beaucoup, la retenir, de se faire un TYE and DYE vert sur ces si jolies cheveux blonds ; car au salon, deuxième décoloration et les cheveux des clients explosent en bulle multicolore, on aurait presque envie de les manger, comme de la barbe à papa, mon portable se vide peu à peu de sa batterie, huit heures, c’est long, mais pas de ses émotions, car est caché au sous-sol : LE LABO, oui car en surface, on ne voit que la convivialité. Bref, dans ce labo, on réfléchit à la manière de Rodin, quel délire capillaire, quelle nuance sublimera ta coupe. Quatrième décoloration, je suis dans l’ammoniaque, ça se voit non ? Je supplie presque qu’on passe à la couleur, il est bientôt vingt heures. Je sors du salon avec les cheveux paillettes et plein d’étoiles dans les yeux. (Et aussi le porte-feuille allégée). Je suis encore plus heureuse que pendant l’ouverture de mes cadeaux de Noël, j’ai huit ans et je suis une princesse et ça grâce à Bubble Factory, seul bémol en sortant mes fesses ont pris la forme du siège… Et sinon, ça ne te dérange pas de me lire coiffé comme un dessous bras ?
Je t’ai dit où aller, alors, vas’y cours, cours, mais prends rendez-vous avant.

TAKE CARE,
M. 

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Le Konjac c’est génial, demandez à Alan !

Spécialiste des régimes, reine de la diététique, CAP nutritionniste (Comment ça, ça n’existe pas ?! Bon, et bien, avec moi si).
Alan (Hérésie ! Un homme ici ? Soit. Il est de très bons conseils, alors on va en faire un eunuque.) et moi-même avons testé pour vous : Le Konjac : Non, ce n’est ni une insulte, ni un art martial mais le nouvel aliment en vogue pour le « eat clean and healthy ». Le Konjac est une plante qui est cultivée dans les forêts tropicales et subtropicales du sud-est de l’Asie consommée en majorité au Vietnam, en Chine, en Corée du Sud, en Indonésie et au Japon.
La plante est principalement connue pour l’alimentation car de son bulbe est extrait une gelée pâteuse que l’on peut transformer. Elle aurait des vertus anti-cancérigène et lutterai contre l’obésité. Et en plus ça à un goût neutre et une texture agréable, donc c’est plutôt bon. On le retrouve dans les supermarchés sous forme de nouilles ou de « riz ». Il peut être cuisiner de plein de manières différentes. Les principaux atouts de cet aliment dans le cadre d’un régime sont son faible apport glycémique et calorique (entre 13 et 16 kcal les 100 grammes soit 90% de mois que des pâtes) ; de plus comme il gonfle dans l’estomac celui-ci apporte plus vite un sentiment de satiété.
On peut le cuisiner, et Alan et ses talents gastronomiques nous explique comment (Un homme qui sait cuisiné peut-il être encore considéré comme un homme ? Vous avez une minute, le temps de cuisson du Konjac) : Dans un wok, faire revenir un demi-oignon et griller un poivron avec un petit peu d’eau, ajoutez le Konjac déjà cuit, mélanger le tout avec un peu de piment de Cayenne en  poudre ou de la sauce Soja et régalez vous. Mais nous pouvons l’agrémenter de toutes sortes car comme les nouilles, ce produit se marie avec tout : Légumes, sauces, poissons ou viandes car son goût est assez neutre mais nous pouvons aussi le manger nature.
Pour un régime encore plus sain, je vous conseille de courir en acheter, car une demi-heure de running équivaut à 450 calories dépensées.
À vos assiettes !

Take care,
A & M.

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Pourquoi avons nous un trou dans notre compte bancaire alors que nous ne sommes même pas le 6 du mois ?

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Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches ; méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées.
Alfred de Musset

Alfred a oublié trois choses sur les femmes : Nous sommes dépensières, coquettes et nulles en compta. Alors c’est vrai, il y a des exceptions comme ma mère, mais les soldes c’est aujourd’hui et nous sommes 11% à avoir pris un jour de repos pour être sûre qu’on aura ce petit top à -30% vu chez Maje, que certaines ont déjà grâce aux ventes privées : LES SALOPES !
Mais je m’égare , ce n’est pas des soldes dont je veux parler sinon nous serions pauvres que deux fois par an, sauf que nous le somme toute l’année. (Et encore plus si comme moi vous possédez une carte Electron, qui ne vous permettra seulement de payer une fois sur quatre, à cause des bugs.)  
Bref, j’ai vidé mon compte en banque, enfin nous avons vidé nos comptes avant même le 15 du mois prochain, en cause :  L’abonnement à la salle de sport où nous nous n’allons jamais, l’abonnement chez Esthetic Center où nous devons aller ABSOLUMENT se faire épiler des sourcils aux mollets, et aller faire sa couleur au plus vite chez Bubble Factory (Paris XII). Le faite que nous sommes des boulimiques en phase 1 dans l’âme y est pour quelques choses, nous ne sommes pas seulement celles qui engloutissent un paquet d’Oréos en deux minutes alors que nous avions commencé un régime la veille, nous sommes aussi des acheteuses compulsives donc nous pouvons dépenser plus que le salaire mensuel d’un ingénieur-cadre avec vingt ans d’expérience en une heure quarante-cinq. 
Et on achète trois paires de chaussures seulement pour aller sur la plage fin juillet, puis on se dit qu’il nous faut aussi absolument des chaussures pour traîner en ville (au total douze paires), donc aussi un nouveau placard, et comme nous avons désormais de la place, on peut bien s’acheter ces deux paires de Jeffrey Campbell qui sont actuellement en soldes chez Zalando, mais que l’on ne portera jamais. STOP ! Attendez c’est quoi cette frénésie pédestre ?! Il nous faut aussi des fringues et des accessoires pour aller avec et aussi cette application super chère pour retoucher nos selfies qu’on postera sur Instagram depuis notre nouveau portable Nokia…
Et là c’est le drame, nous n’avons plus un centime en poche, arrive la dépression et on reste cloîtrée chez soi de peur d’être tentée par ce magnifique blouson en cuir que l’on a vu chez Mango. Mais gare à Internet où l’on peut continuer de mettre des articles dans un panier, rentrer le cryptogramme visuelle, pour un short qui nous ne nous donne même pas envie, mais le mannequin est si joli, que l’on se dit, que l’on va ressembler au mannequin en achetant cette pièce… Mais payement refusé. Nous nous sentons ridicules. Voilà pourquoi après le 6 du mois, on cherche un copain riche ou on appelle plus souvent mémé, car à ce jour nous n’avons trouvé aucun remède contre la fièvre acheteuse et que notre carte bleue a chauffée.
Alors, bon courage.

 

Take care,

À chaque jour suffit son j’aime, et aujourd’hui c’est toi que j’aime.

Bonjour,
Nous sommes le lundi 23 juin 2014, mais nous pourrions être le 16 juillet ou encore le 4 février 2012, qu’importe, car chaque jour est une piste pour un nouveau départ, sauf si vous êtes morts, mais vous ne l’êtes pas sinon vous ne seriez pas entrain de me lire. Je m’explique, le passé est imparfait et il au présent de conjuguer son futur au plus que parfait. On ne doit pas rester sur une défaite et c’est pas moi qui le dit c’est De Gaulle, notre vie est un champ de bataille mais nous n’avons pas perdu la guerre. Ce que je sous-entends, c’est que tout ce que tu as entrepris, tu dois le continuer, et gagner sans regarder les divers échecs.
Exemple parlant (Non, il ne va rien dire, mais vous allez comprendre) :
Miss X a entreprit un régime et hop la boulimique en phase 1 qui est dans sa tête à décider de lui faire reprendre tous ses kilos.
Et bien Miss X au lieu de se lamenter sur sa forêt noire engloutie en trois minutes, va d’abord analyser pourquoi elle a fait ça (tout simplement parce qu’elle est boulimique en phase 1), effacer cette épisode de sa mémoire et essayer d’avancer et se mettre d’avantage au sport, ne pas rester à rien faire écrire des articles débiles sur wordpress etc…
Pourquoi les résolutions devraient-elles être prises le 1 janvier de chaque année, c’est assez injuste ça, on n’a qu’une nuit pour se repentir et elle est dans 5 mois. Non, les résolutions peuvent se prendre n’importe quel jour. On va pas s’arrêter de respirer pendant 5 mois, appliquer au jour le jour la règle du « Foutu pour foutu » qui devrait bannie d’ailleurs. Tout comme quand on s’est fait largué, on n’harcèle pas son ex petit copain, car comme je viens de l’écrire c’est son « EX » et de toute façon on ne ressortira jamais avec lui, car ressortir avec son ex, ça ressemble à ravaler son vomi, qui parmi vous ravale son vomi ? Personne j’espère sinon courrez chez le psychologue le plus proche. Et puis on trouvera mieux, enfin le mieux nous trouvera.
Donc on peut conclure que la procrastination et la nostalgie sont à bannir de nos vies. Et prendre nos talons hauts et courir vers un avenir plus beau. (Parce que promis juré qu’on la vivra notre belle histoire.)

Take care,
M

Avoir la grâce et l’élégance d’un petit rat d’opéra sans jamais avoir fait de danse classique.

 

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La danse c’est une chose que le corps ne comprend pas. Et il a raison. Danser c’est sûrement une preuve très forte qu’il y a vie, qu’il y a individu et société. C’est quand le corps bouge tout seul que la tête sent qu’il y a la vie et qu’elle peut faire confiance au corps : lui, il sait.

Cie Léon Larchet

 

Si il y a bien une chose que je remarque dans la rue, c’est les danseuses. Elles dégagent tous cette ambivalence entre la légèreté et la rigidité. Leur démarche est gracieuse, et leur nuque toujours haute comme si rien ne pouvait les atteindre.
Personnellement, quand je marche dans la rue, on dirait une patate avec deux jambes, le ciel n’a pas besoin de tomber sur ma tête, pour que je sois courbée, le pas lourd et qu’un caniche peut m’attaquer je sautillerais en pleurant.
Bref, ne faisant pas de danse classique, ni de GRS, j’ai une démarche affreuse, alors j’ai décidé de corriger tout ça, comme ça, dans la rue, quand je croise une grande glace, et bien, je me dis que mon reflet fait des pointes et des grands jetés sans moi.

Alors voici quelques conseils si comme moi, vous ne savez pas faire le grand écart mais que tout le monde le croit :
Tout d’abord, l’expression du visage compte beaucoup, il faut toujours regarder droit devant soi, garder le sourire, prendre soin de sa peau jusqu’à sa moustache. Suffit l’expression de roumaine constipée. Ok ? Quant à la nuque : elle doit rester détendue. Ah aussi, les cheveux, on arrête de vouloir faire croire que notre coiffure saut du lit est sophistiquée alors qu’on a juste perdu notre brosse et qu’on est des flemmardes. Enfin, vous avez déjà vu une danseuse avec de la bidoche ? Non, car le corps est musclé en finesse. Des abdos en béton, et ça pas besoin de faire les cours du soir, des jambes galbées, on marche, pas besoin de métro pour faire Chatelet – St Michel Notre Dame, on fait les courses pour muscler nos bras. Et on garde une alimentation adaptée à nos besoins.
En gros pour avoir la grâce d’une danseuse, il faut se prendre pour Natalie Portman.

Take care,
M.

Comment ne pas passer pour une fille qui lit du Guillaume Musso en tricotant ses propres poils l’hiver, quand on est à la plage.

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Classant une fois de plus mes livres, je me dis qu’après tout, moi aussi, j’aurais bien aimé devenir libraire, passer le plus clair de mon temps dans la compagnie des écrivains. Les découvrir, les faire lire, les aider à sa vendre, favoriser cette prostitution splendide, m’entremettre pour cette marchandise-là. Trafiquant de drogue littéraire. Libraire de fin de siècle.

 

C’est l’été dans environ 456 heures, vous avez trouvé le bikini qui vous fait ressembler à Pamela Anderson (en moins vulgaire), d’ailleurs vous vous retrouvez sûrement sur tumblr rebloguer des milliers de fois tant vous êtes belles. Vous avez pris un abonnement chez l’esthéticienne, et vous êtes allées chez le coiffeur. Vous mettez de l’auto-bronzant quand il pleut, mais garder toujours sur vous du monoï au cas où le soleil pointerait le bout de son nez. Après avoir trouvé les lunettes mouches et les compensées qui vous feront des jambes galbées sans avoir d’ampoule, finaliser votre régime et dessiner vos abdos. Vous vous rendez compte enfin que vous êtes canon. Problème qui dit canon dit boulet ! Et que faire contre eux. Lire en bronzant. Lire des livres qui contiennent plus de mots que leur vocabulaire.
C’est pour ça, que vous avez besoin de moi, grande lectrice avertie, je vais vous donner les 20 livres à lire les pieds dans l’eau afin d’attraper les beaux poissons dans vos filets.

1. Chahdortt Djavann – Je ne suis pas celle que je suis
Ce roman décrit avec violence et émotion la vie de cette femme qui n’a pas choisi de naître à l’endroit et à l’instant où elle est née. On ne choisit pas son destin même si on fait des choix pour vivre.

L’alternance entre les séances chez le psychanaliste et les flash-back en Iran permet de « digérer » la dureté de l’existence de l’héroïne.

Ce livre dévoile aussi toute la tragédie des migrants qui n’ont pas d’autre choix que de quitter leur terre pour survivre sur celle des « autres »; ils ont tant rêvé à cette nouvelle terre sans s’imaginer qu’ils doivent désormais s’adapter à une culture si opposée à la leur et penser dans une langue qui ne leur appartient pas.

2. Albert Cohen – Belle du seigneur
Un homme et une femme s’aiment éperdument.
Solal a une beauté aussi solaire que son prénom, Ariane est belle à faire damner un saint.
Solal est juif et haut fonctionnaire. Ariane est mariée à Adrien Deume, qui travaille sous les ordres de Solal à la Société des nations.
Rien que de banal jusque là sauf que le quotidien tueur fait son œuvre et que les choses se gâtent lentement.
En attendant nous sommes conviés à vivre par procuration des scènes d’une sensualité divine où nous partageons les monologues, les bains, les attentes, les désirs des amoureux fous.
Belle du seigneur est le roman d’une passion qui va jusqu’au bout de sa folie.
Et j’ai été subjuguée. Un point c’est tout.

3. Lolita Pille – Hell
Un véritable ouragan ce bouquin ! un coup de poing dans le ventre. un gifle. il est violent, il est dérangeant, il est brutal et injuste. mais lucide. Il faut le lire, on va vite. et on réfléchit, on a pas le choix
On déteste Hell, elle a tout ce qu’elle veut et fout sa vie en l’air. Oui mais. On dit souvent que l’argent n’achète pas le bonheur, alors pourquoi les riches seraient vraiment plus heureux que nous ?
Elle a juste de plus grand moyens pour se bousiller la vie et la santé! Elle va mal, mais personne ne le voit, personne ne peut l’aider.
Quand elle rencontre Andréa on se dit que les choses changent. Doivent changer. Il est encore plus cynique qu’elle, et ils vont bien ensemble. Ils remontent la pente, doucement.
Mais c’est reculer pour mieux sauter, et la chute va faire très mal.

Ce livre me remue à chaque fois, et je ne me lasse pas. Il me rappelle qu’il ne faut pas juger et que tout le monde a ses noirceurs.

4. Maupassant – Bel ami
Il s’était imaginé jusque-là que pour aborder et conquérir une de ces créatures tant désirées, il fallait des soins infinis, des attentes interminables, un siège habile fait de galanteries, de paroles d’amour, de soupirs et de cadeaux. Et voilà que tout d’un coup, à la moindre attaque, la première qu’il rencontrait s’abandonnait à lui, si vite qu’il en demeurait stupéfait.

5. David Foenkinos – La délicatesse
Cette histoire est de très banal et, par là même, qui pourrait arriver à tout le monde.
C’est l’histoire de Nathalie, une jeune femme mariée à François. Leur amour file son bonhomme de chemin jusqu’à un dimanche où François ne revient pas de son jogging. Renversé par une voiture. Coma, mort. Nathalie va tenter de continuer sa vie, comme elle le peut. Jusqu’à rencontrer Markus sur son lieu de travail.
Voilà en quelques mots le pitch. Où est l’originalité, le petit plus qui fait que c’est un beau livre ? Clairement dans l’écriture et la façon dont l’auteur nous conte cette histoire.

6. Georges Orwell – 1984
L’origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s’est inspiré de Staline pour en faire son « Big Brother », figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l’URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime. Mais Orwell n’oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures… Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c’est la richesse des personnages, qu’il s’agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir… C’est aussi cette « novlangue », affadie et trompeuse, destinée aux « proles », et ces formules de propagande (« L’ignorance, c’est la force ») scandées par des foules fanatisées et manipulées. 1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d’expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.

7. Laurent Gaude – Le Soleil des Scorta
Sous la plume de Gaudé, le récit exhume l’histoire d’une famille qui porte en héritage le sang noir et la sueur sur trois générations, les Scorta. Un nom du sud de l’Italie qui exclut insouciance et frivolité ; évoquant plutôt l’œil noir plein de gravité, le visage buriné par le soleil, la mémoire silencieuse qui garde enfouis quelques secrets. Sans oublier la fraternité clanique lorsque la disgrâce ou le malheur s’abattent sur cette famille.
Sur cette terre aride des Pouilles, l’auteur condamne toute légèreté en décrivant une lignée de bâtards qui a traversé la vie comme un défi, forcé le destin pour abjurer le sort que le patriarche avait légué à ses descendants. Avec une plume emprunte de gravité, l’auteur laisse suggérer un bonheur rare pour les Scorta, une parenthèse de paix au milieu de la violence, la haine et la misère.
Et pourtant. Ce ne sont que des vies saisies comme toutes par des tragédies ordinaires, des vies laborieuses soudées face à l’adversité, des drames silencieux.

8. John Green – Nos étoiles contraires
Une pure gifle émotionnelle !
Ce livre est merveilleux, atroce, sublime, horrible. J’étais sceptique au début concernant cette histoire de cancer qui me semblait bien terne, mais ce roman est plein d’espoir. Malgré la tournure dramatique des événements, on referme le livre avec l’envie de profiter de la vie. Suite à cette lecture, on relativise, on se rend compte de notre chance inouïe.
« Je crois qu’on peut choisir dans la vie comment on a envie de raconter une histoire triste, et Augustus et moi avons choisi la manière drôle. »
Bien que le sujet du livre soit extrêmement triste, j’ai adoré l’humour qui se dégage de ce roman. Il m’a tour à tour, émue, touchée, amusée. Les personnages sont juste extraordinaires. Et pourtant, ils sont loin d’être parfaits. Auguste et Hazel m’ont fait tellement rire, avec leur ironie décalée, leurs envolées Shakespeariennes et surtout l’autodérision face à leur maladie. J’ai également beaucoup aimé Isaac. Ces trois êtres ont mis de l’amour, de la beauté et du rire dans leur existence rongée par la maladie. Ce livre n’est pas un simple livre sur le cancer, c’est avant tout un livre sur l’amour: l’amour entre deux êtres, l’amour de parents envers leur enfant, l’amour entre deux amis. Et l’amour de ces deux étoiles pour la vie.

9. Stephen Zweig – Vingt-quatre heures de la vie d’une femme »
C’est une merveille ce roman, du pur génie! La puissance d’évocation des mots de Stefan Zweig est vraiment remarquable mais surtout la sensibilité et la finesse avec laquelle il comprend et arrive à retranscrire les plus profonds et les plus intimes des sentiments humains sont bouleversantes! Cet homme là fait partie des grands sondeurs de l’âme humaine et son talent pour mettre celle-ci en mots reste selon moi inégalé!
Dans ce court roman traitant de la passion amoureuse, du jeu et du scandale, l’auteur nous offre un florilège de sensations et d’émotions humaines à vous faire frissonner et en quelques chapitres seulement, il nous offre un tour du monde de l’amour.

10. Amélie Nothomb – Robert des noms propres
Encore un superbe coup de maître de la part de la dame au chapeau qui,
décidément, m’étonne toujours davantage de livre en livre. Il s’agit ici de l’histoire de Plectrude (ça ne s’invente pas) dont la laideur du nom n’a d’égal que la beauté et la grâce. Qualités qu’elle met à profit par la danse classique, au plus haut niveau. Marquée par un drame initial dont elle ignore tout (elle est née en prison où sa mère avait été enfermée suite au meurtre de son père – elle se pendra dans sa cellule après lui avoir donné la vie), elle est élevée par Clémence (sa tante, qu’elle croit sa mère) qui vit à travers elle son rêve manqué de ballerine…Un récit d’une cruauté et d’une élégance implacables où il est question d’enfance, d’anorexie, de courage mais aussi – et toujours – d’amour.

11.Claudie Gallay – Seule Venise
Suite à une rupture amoureuse douloureuse, la perte de son emploi,l’héroïne la quarantaine, désespérée, se laisse sombrer dans la dépression et la solitude. Dans un moment de lucidité, elle prend conscience qu’elle est anéantie. Elle vide son compte bancaire et décide de partir à Venise en hiver, un mois de décembre pour un ou deux mois.

Elle loge dans un vieux palais transformé en pension et géré par Luigi. Elle fait la connaissance des autres locataires : un vieil aristocrate russe en fauteuil roulant et Carla la danseuse avec son amant Valentino. Elle occupe ses journées à visiter une Venise hivernale, humide,froide et mystérieuse. Elle y rencontre un libraire épris de sa ville et passionné de littérature ancienne. Elle passe ses soirées en compagnie du vieil aristocrate russe et se lie avec Carla la danseuse.

L’écriture de ce livre est simple et précise. Chaque mot est juste. L’atmosphère de ce roman révèle l’authentique Venise hivernale. On y découvre la lenteur, le temps qui s’écoule et cette attente de chacun des personnages qu’enfin leurs désirs secrets puissent se réaliser. L’héroïne de cette histoire ainsi que tous les autres protagonistes nous interpellent. Il y a une part de nous en chacun d’entre eux. Ils ont des blessures, des amours douloureux, des mensonges, des désirs inavoués, des espoirs. Ils nous ressemblent tellement qu’ils nous sont familiers et si touchants. On se retrouve dans chacun de leur vécu.

12. Agnès Despentes – Bye bye Blondie
Gloria, petite punkette déjantée de la banlieue nancéénne est un drôle de numéro. A quinze ans elle a déjà un beau palmarès de conneries à son actif. Soirées de beuveries, coucheries, drogues et compagnie! On ne peut que compatir avec ses parents, complètement dépassés face aux excès en tous genres de leur progéniture et encore plus quand ces excès s’accompagnent de violences à la fois physiques et verbales: la petite vomit littéralement sa colère et passe à l’acte. Dépassés, effrayés, ils la font interner trois mois en HP et c’est là qu’elle rencontre Eric, grand amour d’adolescence. Ils fuguent ensemble, s’aiment avec toute la fougue de leurs seize ans et Eric disparaît brutalement, sans laisser de nouvelles.
Vingt ans plus tard, ils se retrouvent, Gloria, sérieusement abîmée et Eric, vedette de la télévision.
J’arrête-là pour ne pas dévoiler cette histoire qui m’a laissée sous le charme. Virginie Despentes sait donner un relief particulier à son héroïne à travers son écriture réaliste et son vocabulaire très crû parfois mais qui prennent le lecteur à la gorge. On ne peut rester insensible au destin de Gloria/ Blondie. Un petit roman de moins de 150 pages qu’on a du mal à refermer.

13. Joseph Conrad – Au coeur des ténèbres
Un voyage au ralenti le long du Congo, où le narrateur (et le lecteur), observateur impuissant, aperçoit par coups d’oeil cauchemardesques les réalités du colonialisme, tant sur les autochtones que sur les colons. Une (d)évolution dans l’horreur comme dans une autre réalité, enveloppés dans une atmosphère lourde, pesante et à travers les méandres ténébreux de l’âme humaine.

Voilà ce qui arrive quand on se contente de lectures contemporaines ou remontant tout au plus aux années 1920: on a quatre fois plus de mal à lire un petit tome à la langue et à la structure plus anciennes, abordant un sujet d’un point de vue plus ou moins d’époque.
J’ai eu quelque mal à lire, essayant de ne pas m’arrêter à toutes les notes de références (et oui, ça aurait aidé pourtant), surtout à cause de la densité du style et de la langue (je crois même avoir eu moins de mal à lire Blood Meridian de McCarthy en VO malgré son absence de ponctuation et et le flot apocalyptique de la narration), mais en fin de compte, c’était pour mieux me laisser happer, m’apercevant de ce piège sans logique lorsqu’il n’est plus possible de fuir. Un classique incontournable sur le colonialisme et la noirceur de l’âme humaine.

14. Justine Levy – Rien de grave
Le style est ici au service du sujet : la folie. Les mots sont précipités dans les phrases sans ponctuation, les uns à la suite des autres ou plutôt tous en même temps, à perdre haleine, à l’image même du tourbillon qui les a suscités. J’ai rarement vu une description de la folie par l’intérieur aussi bien rendue… le contenant et le contenu atteignent une harmonie et un équilibre exceptionnels.

15. Jean Anouilh – Colombe
Julien : Colombe, mon chéri, je n’ai que toi au monde. Tu sais que je vais crever de te quitter, mais tu sais aussi que tu ne pourrais plus m’aimer si je faisais quelque chose de laid pour te garder.
Colombe : Quelle idée, mon chéri ! Je pourrais très bien t’aimer quand même, moi…

16. Joël Docker – La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Ce livre est fascinant car il nous raconte beaucoup de choses en même temps. En effet le thème central est le meurtre d’une jeune fille de seize ans qui a une aventure avec un homme plus âgé qu’elle et que tout le monde prend pour un grand écrivain quand il arrive dans la petite ville d’Aurora après avoir publié à compte d’auteur un livre dont le succès est très discret.
Il a une auréole, une table réservée dans un snack où tout le monde pense qu’il écrit. On est dans les années 70 et la vie et les mœurs de cette époque sont bien décrites avec le puritanisme qui règne à l’époque. On comprend vite qu’une histoire d’amour entre deux êtres séparés par une différence d’âge importantes, cela signifie qu’Harry ne peut être qu’un pervers sexuel, pédophile…
Il y a un va et vient entre 1975 et 2008 où la campagne électorale bat son plein avec un candidat (inenvisageable 30 ans plus tôt) noir Barak Obama donc un contraste saisissant entre 2 époques….
Il y a un autre personnage dans le roman : c’est le livre et les questions qu’il soulève : comment écrit-on un bon roman, qu’est-ce qu’un bon roman ? Comment savoir si ce qu’on écrit sera un bon roman. Chaque chapitre constitue une des 31 leçons pour écrire un bon roman telles qu’Harry les a enseignées dans le temps à Marcus.
Donc, dans chaque chapitre, il y a un première page avec une leçon ou un échange entre Marcus et Harry sur la fameuse leçon. Ce qui est vraiment génial…
Qui dit roman dit travail et imagination donc Joël Dicker nous décrit bien les affres de la page blanche, les doutes quand plus rien ne vient à l’esprit, que l’écrivain a les yeux fixés en vain sur son ordinateur.
L’auteur aborde aussi un autre thème : le milieu de l’édition. Jusqu’où peut-on aller pour vendre ? Détruire la notoriété d’un homme que l’on a jugé avant de savoir s’il était ou non coupable (cela n’a aucun intérêt pour l’éditeur pourri, pour lui seul compte l’argent qu’il va se mettre dans les poches.
L’auteur met en évidence aussi la recherche de la vérité, celle avec un V majuscule, et toutes les autres petites vérités de chacun d’entre nous. Et cette vérité doit-on la taire, la cacher car elle risque d’être compromettante, de ruiner la réputation, la vie des autres.
On assiste aussi à une belle démonstration d’amitié : Marcus aime Harry comme un père car il a fait de lui un homme et pas une minute il ne doute de lui et il fera tout pour prouver son innocence même si parfois il a des doutes en découvrant peu à peu ce qui s’est passé.
Et, bien sûr, tout au long du roman, l’auteur nous parle admirablement bien de l’amour qui est la toile de fond de l’histoire.
Donc, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, car il y des rebondissements, jusqu’au dernier chapitre presque jusqu’à la dernière page et l’auteur sait vraiment bien nous tenir en haleine. Et comme il le dit si bien : « Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé. »

17. Antoine de Stage Exupéry – Le Petit Prince
Cher Antoine,

Si je devais n’emporter qu’un seul livre, sur une île déserte ou ailleurs, ce serait le votre sans hésitation. Je considère votre histoire comme l’une des plus belles jamais écrites sur l’amitié et l’amour.
Votre incroyable imagination a nourri la mienne depuis mon plus jeune âge, aussi loin que remontent mes souvenirs, votre naïf et tendre petit prince aux cheveux couleur de blé, vos planètes improbables, vos messieurs sérieux qui gonflent d’orgueil, votre boa affamé, votre éléphant benêt, votre rose capricieuse…et surtout votre attachant renard malicieux, m’accompagnent subtilement.
Au début bien sûr, j’appréciais particulièrement vos dessins, simples, colorés, qui permettaient à l’enfant que j’étais de pouvoir  » lire  » l’histoire sans l’aide d’un adulte. J’adorais la succession de rencontres plus loufoques les unes que les autres qui entraînaient Le Petit Prince dans des aventures insolites et drôles, dont je ne saisissais pas toujours alors toute la portée.
En revanche, je me souviens que je détestais déjà cordialement la rose vaniteuse qui osait faire souffrir. Le Petit Prince évidemment. Il est des haines tenaces.
Puis bien sûr, j’ai pu lire moi-même votre livre et, surtout écouter la voix de Gérard Philippe sur mon lecteur de cassettes. de très beaux souvenirs, des moments d’émotion pure à l’écoute de cet immense acteur et de sa voix si chaude, expressive, caractéristique ! Il incarne définitivement pour moi votre juvénile héros.
J’ai ensuite initier mes enfants avec délice à votre univers si particulier, qui ne prend pas une ride avec le temps, j’en atteste.
Bien sûr, je mentirais si je vous disais que je lis votre livre régulièrement. Mais en fait, ce n’est plus nécessaire : avec les années, je connais votre œuvre dans ses moindres détails, et même des passages entiers par cœur, ce qui me permet peut-être de rester d’une certaine façon connectée à l’enfant que j’étais, et pour cela, je vous dis merci du fond du cœur.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. »
« Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin. »

18. Fernando Pessoa – Le livre de l’intranquilité

« En ces heures où le paysage est une auréole de vie, j’ai élevé, mon amour, dans le silence demon intranquillité, ce livre étrange… » qui alterne chronique du quotidien et méditationtranscendante. Le livre de l’intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l’attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne , Bernardo Soares. Sans ambitionterrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée,attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de « l’infinimentpetit de l’espace du dedans », Bernardo Soares, assume son « intranquillité » pour mieux la dépasseret, grâce à l’art, aller à l’extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou lesmystiques atteignent la plénitude « parce qu’ils sont vidés de tout le vide du monde ». Il seconstruit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que lemonde réel. Le livre de l’intranquillité est considéré comme le chef-d’oeuvre de Fernando Pessoa.

19. Camille Laurens – Encore et Jamais
Intéressantes réflexions sur les répétitions, celles que l’on fait pour conjurer l’angoisse, pour se rassurer, conscientes ou impulsives que l’on retrouve dans ses propres habitudes, dans les gammes du musicien, dans les chansons, dans l’amour, dans l’histoire, dans la folie. On s’y retrouve souvent. A lire par chapitres, à laisser et reprendre pour ne pas se lasser, pour savourer.

20. Lucile Woodward – Un ventre plat, c’est malin
(Celui ci, c’est pour votre table de chevet, pas sur la plage !)

Bonne lecture,
Take care,
M.