Comment ne pas passer pour une fille qui lit du Guillaume Musso en tricotant ses propres poils l’hiver, quand on est à la plage.

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Classant une fois de plus mes livres, je me dis qu’après tout, moi aussi, j’aurais bien aimé devenir libraire, passer le plus clair de mon temps dans la compagnie des écrivains. Les découvrir, les faire lire, les aider à sa vendre, favoriser cette prostitution splendide, m’entremettre pour cette marchandise-là. Trafiquant de drogue littéraire. Libraire de fin de siècle.

 

C’est l’été dans environ 456 heures, vous avez trouvé le bikini qui vous fait ressembler à Pamela Anderson (en moins vulgaire), d’ailleurs vous vous retrouvez sûrement sur tumblr rebloguer des milliers de fois tant vous êtes belles. Vous avez pris un abonnement chez l’esthéticienne, et vous êtes allées chez le coiffeur. Vous mettez de l’auto-bronzant quand il pleut, mais garder toujours sur vous du monoï au cas où le soleil pointerait le bout de son nez. Après avoir trouvé les lunettes mouches et les compensées qui vous feront des jambes galbées sans avoir d’ampoule, finaliser votre régime et dessiner vos abdos. Vous vous rendez compte enfin que vous êtes canon. Problème qui dit canon dit boulet ! Et que faire contre eux. Lire en bronzant. Lire des livres qui contiennent plus de mots que leur vocabulaire.
C’est pour ça, que vous avez besoin de moi, grande lectrice avertie, je vais vous donner les 20 livres à lire les pieds dans l’eau afin d’attraper les beaux poissons dans vos filets.

1. Chahdortt Djavann – Je ne suis pas celle que je suis
Ce roman décrit avec violence et émotion la vie de cette femme qui n’a pas choisi de naître à l’endroit et à l’instant où elle est née. On ne choisit pas son destin même si on fait des choix pour vivre.

L’alternance entre les séances chez le psychanaliste et les flash-back en Iran permet de « digérer » la dureté de l’existence de l’héroïne.

Ce livre dévoile aussi toute la tragédie des migrants qui n’ont pas d’autre choix que de quitter leur terre pour survivre sur celle des « autres »; ils ont tant rêvé à cette nouvelle terre sans s’imaginer qu’ils doivent désormais s’adapter à une culture si opposée à la leur et penser dans une langue qui ne leur appartient pas.

2. Albert Cohen – Belle du seigneur
Un homme et une femme s’aiment éperdument.
Solal a une beauté aussi solaire que son prénom, Ariane est belle à faire damner un saint.
Solal est juif et haut fonctionnaire. Ariane est mariée à Adrien Deume, qui travaille sous les ordres de Solal à la Société des nations.
Rien que de banal jusque là sauf que le quotidien tueur fait son œuvre et que les choses se gâtent lentement.
En attendant nous sommes conviés à vivre par procuration des scènes d’une sensualité divine où nous partageons les monologues, les bains, les attentes, les désirs des amoureux fous.
Belle du seigneur est le roman d’une passion qui va jusqu’au bout de sa folie.
Et j’ai été subjuguée. Un point c’est tout.

3. Lolita Pille – Hell
Un véritable ouragan ce bouquin ! un coup de poing dans le ventre. un gifle. il est violent, il est dérangeant, il est brutal et injuste. mais lucide. Il faut le lire, on va vite. et on réfléchit, on a pas le choix
On déteste Hell, elle a tout ce qu’elle veut et fout sa vie en l’air. Oui mais. On dit souvent que l’argent n’achète pas le bonheur, alors pourquoi les riches seraient vraiment plus heureux que nous ?
Elle a juste de plus grand moyens pour se bousiller la vie et la santé! Elle va mal, mais personne ne le voit, personne ne peut l’aider.
Quand elle rencontre Andréa on se dit que les choses changent. Doivent changer. Il est encore plus cynique qu’elle, et ils vont bien ensemble. Ils remontent la pente, doucement.
Mais c’est reculer pour mieux sauter, et la chute va faire très mal.

Ce livre me remue à chaque fois, et je ne me lasse pas. Il me rappelle qu’il ne faut pas juger et que tout le monde a ses noirceurs.

4. Maupassant – Bel ami
Il s’était imaginé jusque-là que pour aborder et conquérir une de ces créatures tant désirées, il fallait des soins infinis, des attentes interminables, un siège habile fait de galanteries, de paroles d’amour, de soupirs et de cadeaux. Et voilà que tout d’un coup, à la moindre attaque, la première qu’il rencontrait s’abandonnait à lui, si vite qu’il en demeurait stupéfait.

5. David Foenkinos – La délicatesse
Cette histoire est de très banal et, par là même, qui pourrait arriver à tout le monde.
C’est l’histoire de Nathalie, une jeune femme mariée à François. Leur amour file son bonhomme de chemin jusqu’à un dimanche où François ne revient pas de son jogging. Renversé par une voiture. Coma, mort. Nathalie va tenter de continuer sa vie, comme elle le peut. Jusqu’à rencontrer Markus sur son lieu de travail.
Voilà en quelques mots le pitch. Où est l’originalité, le petit plus qui fait que c’est un beau livre ? Clairement dans l’écriture et la façon dont l’auteur nous conte cette histoire.

6. Georges Orwell – 1984
L’origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s’est inspiré de Staline pour en faire son « Big Brother », figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l’URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime. Mais Orwell n’oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures… Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c’est la richesse des personnages, qu’il s’agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir… C’est aussi cette « novlangue », affadie et trompeuse, destinée aux « proles », et ces formules de propagande (« L’ignorance, c’est la force ») scandées par des foules fanatisées et manipulées. 1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d’expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.

7. Laurent Gaude – Le Soleil des Scorta
Sous la plume de Gaudé, le récit exhume l’histoire d’une famille qui porte en héritage le sang noir et la sueur sur trois générations, les Scorta. Un nom du sud de l’Italie qui exclut insouciance et frivolité ; évoquant plutôt l’œil noir plein de gravité, le visage buriné par le soleil, la mémoire silencieuse qui garde enfouis quelques secrets. Sans oublier la fraternité clanique lorsque la disgrâce ou le malheur s’abattent sur cette famille.
Sur cette terre aride des Pouilles, l’auteur condamne toute légèreté en décrivant une lignée de bâtards qui a traversé la vie comme un défi, forcé le destin pour abjurer le sort que le patriarche avait légué à ses descendants. Avec une plume emprunte de gravité, l’auteur laisse suggérer un bonheur rare pour les Scorta, une parenthèse de paix au milieu de la violence, la haine et la misère.
Et pourtant. Ce ne sont que des vies saisies comme toutes par des tragédies ordinaires, des vies laborieuses soudées face à l’adversité, des drames silencieux.

8. John Green – Nos étoiles contraires
Une pure gifle émotionnelle !
Ce livre est merveilleux, atroce, sublime, horrible. J’étais sceptique au début concernant cette histoire de cancer qui me semblait bien terne, mais ce roman est plein d’espoir. Malgré la tournure dramatique des événements, on referme le livre avec l’envie de profiter de la vie. Suite à cette lecture, on relativise, on se rend compte de notre chance inouïe.
« Je crois qu’on peut choisir dans la vie comment on a envie de raconter une histoire triste, et Augustus et moi avons choisi la manière drôle. »
Bien que le sujet du livre soit extrêmement triste, j’ai adoré l’humour qui se dégage de ce roman. Il m’a tour à tour, émue, touchée, amusée. Les personnages sont juste extraordinaires. Et pourtant, ils sont loin d’être parfaits. Auguste et Hazel m’ont fait tellement rire, avec leur ironie décalée, leurs envolées Shakespeariennes et surtout l’autodérision face à leur maladie. J’ai également beaucoup aimé Isaac. Ces trois êtres ont mis de l’amour, de la beauté et du rire dans leur existence rongée par la maladie. Ce livre n’est pas un simple livre sur le cancer, c’est avant tout un livre sur l’amour: l’amour entre deux êtres, l’amour de parents envers leur enfant, l’amour entre deux amis. Et l’amour de ces deux étoiles pour la vie.

9. Stephen Zweig – Vingt-quatre heures de la vie d’une femme »
C’est une merveille ce roman, du pur génie! La puissance d’évocation des mots de Stefan Zweig est vraiment remarquable mais surtout la sensibilité et la finesse avec laquelle il comprend et arrive à retranscrire les plus profonds et les plus intimes des sentiments humains sont bouleversantes! Cet homme là fait partie des grands sondeurs de l’âme humaine et son talent pour mettre celle-ci en mots reste selon moi inégalé!
Dans ce court roman traitant de la passion amoureuse, du jeu et du scandale, l’auteur nous offre un florilège de sensations et d’émotions humaines à vous faire frissonner et en quelques chapitres seulement, il nous offre un tour du monde de l’amour.

10. Amélie Nothomb – Robert des noms propres
Encore un superbe coup de maître de la part de la dame au chapeau qui,
décidément, m’étonne toujours davantage de livre en livre. Il s’agit ici de l’histoire de Plectrude (ça ne s’invente pas) dont la laideur du nom n’a d’égal que la beauté et la grâce. Qualités qu’elle met à profit par la danse classique, au plus haut niveau. Marquée par un drame initial dont elle ignore tout (elle est née en prison où sa mère avait été enfermée suite au meurtre de son père – elle se pendra dans sa cellule après lui avoir donné la vie), elle est élevée par Clémence (sa tante, qu’elle croit sa mère) qui vit à travers elle son rêve manqué de ballerine…Un récit d’une cruauté et d’une élégance implacables où il est question d’enfance, d’anorexie, de courage mais aussi – et toujours – d’amour.

11.Claudie Gallay – Seule Venise
Suite à une rupture amoureuse douloureuse, la perte de son emploi,l’héroïne la quarantaine, désespérée, se laisse sombrer dans la dépression et la solitude. Dans un moment de lucidité, elle prend conscience qu’elle est anéantie. Elle vide son compte bancaire et décide de partir à Venise en hiver, un mois de décembre pour un ou deux mois.

Elle loge dans un vieux palais transformé en pension et géré par Luigi. Elle fait la connaissance des autres locataires : un vieil aristocrate russe en fauteuil roulant et Carla la danseuse avec son amant Valentino. Elle occupe ses journées à visiter une Venise hivernale, humide,froide et mystérieuse. Elle y rencontre un libraire épris de sa ville et passionné de littérature ancienne. Elle passe ses soirées en compagnie du vieil aristocrate russe et se lie avec Carla la danseuse.

L’écriture de ce livre est simple et précise. Chaque mot est juste. L’atmosphère de ce roman révèle l’authentique Venise hivernale. On y découvre la lenteur, le temps qui s’écoule et cette attente de chacun des personnages qu’enfin leurs désirs secrets puissent se réaliser. L’héroïne de cette histoire ainsi que tous les autres protagonistes nous interpellent. Il y a une part de nous en chacun d’entre eux. Ils ont des blessures, des amours douloureux, des mensonges, des désirs inavoués, des espoirs. Ils nous ressemblent tellement qu’ils nous sont familiers et si touchants. On se retrouve dans chacun de leur vécu.

12. Agnès Despentes – Bye bye Blondie
Gloria, petite punkette déjantée de la banlieue nancéénne est un drôle de numéro. A quinze ans elle a déjà un beau palmarès de conneries à son actif. Soirées de beuveries, coucheries, drogues et compagnie! On ne peut que compatir avec ses parents, complètement dépassés face aux excès en tous genres de leur progéniture et encore plus quand ces excès s’accompagnent de violences à la fois physiques et verbales: la petite vomit littéralement sa colère et passe à l’acte. Dépassés, effrayés, ils la font interner trois mois en HP et c’est là qu’elle rencontre Eric, grand amour d’adolescence. Ils fuguent ensemble, s’aiment avec toute la fougue de leurs seize ans et Eric disparaît brutalement, sans laisser de nouvelles.
Vingt ans plus tard, ils se retrouvent, Gloria, sérieusement abîmée et Eric, vedette de la télévision.
J’arrête-là pour ne pas dévoiler cette histoire qui m’a laissée sous le charme. Virginie Despentes sait donner un relief particulier à son héroïne à travers son écriture réaliste et son vocabulaire très crû parfois mais qui prennent le lecteur à la gorge. On ne peut rester insensible au destin de Gloria/ Blondie. Un petit roman de moins de 150 pages qu’on a du mal à refermer.

13. Joseph Conrad – Au coeur des ténèbres
Un voyage au ralenti le long du Congo, où le narrateur (et le lecteur), observateur impuissant, aperçoit par coups d’oeil cauchemardesques les réalités du colonialisme, tant sur les autochtones que sur les colons. Une (d)évolution dans l’horreur comme dans une autre réalité, enveloppés dans une atmosphère lourde, pesante et à travers les méandres ténébreux de l’âme humaine.

Voilà ce qui arrive quand on se contente de lectures contemporaines ou remontant tout au plus aux années 1920: on a quatre fois plus de mal à lire un petit tome à la langue et à la structure plus anciennes, abordant un sujet d’un point de vue plus ou moins d’époque.
J’ai eu quelque mal à lire, essayant de ne pas m’arrêter à toutes les notes de références (et oui, ça aurait aidé pourtant), surtout à cause de la densité du style et de la langue (je crois même avoir eu moins de mal à lire Blood Meridian de McCarthy en VO malgré son absence de ponctuation et et le flot apocalyptique de la narration), mais en fin de compte, c’était pour mieux me laisser happer, m’apercevant de ce piège sans logique lorsqu’il n’est plus possible de fuir. Un classique incontournable sur le colonialisme et la noirceur de l’âme humaine.

14. Justine Levy – Rien de grave
Le style est ici au service du sujet : la folie. Les mots sont précipités dans les phrases sans ponctuation, les uns à la suite des autres ou plutôt tous en même temps, à perdre haleine, à l’image même du tourbillon qui les a suscités. J’ai rarement vu une description de la folie par l’intérieur aussi bien rendue… le contenant et le contenu atteignent une harmonie et un équilibre exceptionnels.

15. Jean Anouilh – Colombe
Julien : Colombe, mon chéri, je n’ai que toi au monde. Tu sais que je vais crever de te quitter, mais tu sais aussi que tu ne pourrais plus m’aimer si je faisais quelque chose de laid pour te garder.
Colombe : Quelle idée, mon chéri ! Je pourrais très bien t’aimer quand même, moi…

16. Joël Docker – La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Ce livre est fascinant car il nous raconte beaucoup de choses en même temps. En effet le thème central est le meurtre d’une jeune fille de seize ans qui a une aventure avec un homme plus âgé qu’elle et que tout le monde prend pour un grand écrivain quand il arrive dans la petite ville d’Aurora après avoir publié à compte d’auteur un livre dont le succès est très discret.
Il a une auréole, une table réservée dans un snack où tout le monde pense qu’il écrit. On est dans les années 70 et la vie et les mœurs de cette époque sont bien décrites avec le puritanisme qui règne à l’époque. On comprend vite qu’une histoire d’amour entre deux êtres séparés par une différence d’âge importantes, cela signifie qu’Harry ne peut être qu’un pervers sexuel, pédophile…
Il y a un va et vient entre 1975 et 2008 où la campagne électorale bat son plein avec un candidat (inenvisageable 30 ans plus tôt) noir Barak Obama donc un contraste saisissant entre 2 époques….
Il y a un autre personnage dans le roman : c’est le livre et les questions qu’il soulève : comment écrit-on un bon roman, qu’est-ce qu’un bon roman ? Comment savoir si ce qu’on écrit sera un bon roman. Chaque chapitre constitue une des 31 leçons pour écrire un bon roman telles qu’Harry les a enseignées dans le temps à Marcus.
Donc, dans chaque chapitre, il y a un première page avec une leçon ou un échange entre Marcus et Harry sur la fameuse leçon. Ce qui est vraiment génial…
Qui dit roman dit travail et imagination donc Joël Dicker nous décrit bien les affres de la page blanche, les doutes quand plus rien ne vient à l’esprit, que l’écrivain a les yeux fixés en vain sur son ordinateur.
L’auteur aborde aussi un autre thème : le milieu de l’édition. Jusqu’où peut-on aller pour vendre ? Détruire la notoriété d’un homme que l’on a jugé avant de savoir s’il était ou non coupable (cela n’a aucun intérêt pour l’éditeur pourri, pour lui seul compte l’argent qu’il va se mettre dans les poches.
L’auteur met en évidence aussi la recherche de la vérité, celle avec un V majuscule, et toutes les autres petites vérités de chacun d’entre nous. Et cette vérité doit-on la taire, la cacher car elle risque d’être compromettante, de ruiner la réputation, la vie des autres.
On assiste aussi à une belle démonstration d’amitié : Marcus aime Harry comme un père car il a fait de lui un homme et pas une minute il ne doute de lui et il fera tout pour prouver son innocence même si parfois il a des doutes en découvrant peu à peu ce qui s’est passé.
Et, bien sûr, tout au long du roman, l’auteur nous parle admirablement bien de l’amour qui est la toile de fond de l’histoire.
Donc, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, car il y des rebondissements, jusqu’au dernier chapitre presque jusqu’à la dernière page et l’auteur sait vraiment bien nous tenir en haleine. Et comme il le dit si bien : « Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé. »

17. Antoine de Stage Exupéry – Le Petit Prince
Cher Antoine,

Si je devais n’emporter qu’un seul livre, sur une île déserte ou ailleurs, ce serait le votre sans hésitation. Je considère votre histoire comme l’une des plus belles jamais écrites sur l’amitié et l’amour.
Votre incroyable imagination a nourri la mienne depuis mon plus jeune âge, aussi loin que remontent mes souvenirs, votre naïf et tendre petit prince aux cheveux couleur de blé, vos planètes improbables, vos messieurs sérieux qui gonflent d’orgueil, votre boa affamé, votre éléphant benêt, votre rose capricieuse…et surtout votre attachant renard malicieux, m’accompagnent subtilement.
Au début bien sûr, j’appréciais particulièrement vos dessins, simples, colorés, qui permettaient à l’enfant que j’étais de pouvoir  » lire  » l’histoire sans l’aide d’un adulte. J’adorais la succession de rencontres plus loufoques les unes que les autres qui entraînaient Le Petit Prince dans des aventures insolites et drôles, dont je ne saisissais pas toujours alors toute la portée.
En revanche, je me souviens que je détestais déjà cordialement la rose vaniteuse qui osait faire souffrir. Le Petit Prince évidemment. Il est des haines tenaces.
Puis bien sûr, j’ai pu lire moi-même votre livre et, surtout écouter la voix de Gérard Philippe sur mon lecteur de cassettes. de très beaux souvenirs, des moments d’émotion pure à l’écoute de cet immense acteur et de sa voix si chaude, expressive, caractéristique ! Il incarne définitivement pour moi votre juvénile héros.
J’ai ensuite initier mes enfants avec délice à votre univers si particulier, qui ne prend pas une ride avec le temps, j’en atteste.
Bien sûr, je mentirais si je vous disais que je lis votre livre régulièrement. Mais en fait, ce n’est plus nécessaire : avec les années, je connais votre œuvre dans ses moindres détails, et même des passages entiers par cœur, ce qui me permet peut-être de rester d’une certaine façon connectée à l’enfant que j’étais, et pour cela, je vous dis merci du fond du cœur.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. »
« Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin. »

18. Fernando Pessoa – Le livre de l’intranquilité

« En ces heures où le paysage est une auréole de vie, j’ai élevé, mon amour, dans le silence demon intranquillité, ce livre étrange… » qui alterne chronique du quotidien et méditationtranscendante. Le livre de l’intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l’attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne , Bernardo Soares. Sans ambitionterrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée,attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de « l’infinimentpetit de l’espace du dedans », Bernardo Soares, assume son « intranquillité » pour mieux la dépasseret, grâce à l’art, aller à l’extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou lesmystiques atteignent la plénitude « parce qu’ils sont vidés de tout le vide du monde ». Il seconstruit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que lemonde réel. Le livre de l’intranquillité est considéré comme le chef-d’oeuvre de Fernando Pessoa.

19. Camille Laurens – Encore et Jamais
Intéressantes réflexions sur les répétitions, celles que l’on fait pour conjurer l’angoisse, pour se rassurer, conscientes ou impulsives que l’on retrouve dans ses propres habitudes, dans les gammes du musicien, dans les chansons, dans l’amour, dans l’histoire, dans la folie. On s’y retrouve souvent. A lire par chapitres, à laisser et reprendre pour ne pas se lasser, pour savourer.

20. Lucile Woodward – Un ventre plat, c’est malin
(Celui ci, c’est pour votre table de chevet, pas sur la plage !)

Bonne lecture,
Take care,
M.

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Une réflexion sur “Comment ne pas passer pour une fille qui lit du Guillaume Musso en tricotant ses propres poils l’hiver, quand on est à la plage.

  1. Quelques uns déjà lu et du même avis que Toi. “Seule Venise” et “Rien de grave” m’intrigue, peut être mes futures lectures 😉

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